Une journée très ensoleillée, une lumière magnifique idéale pour prendre
quelques clichés.
Après un réveil très matinal on décide de profiter un peu de notre quartier.
A 8hoo tout le monde est déjà debout à Chinatown. Les rues grouillent
de monde, les étales des marchés proposent des produits que je n'ai jamais vus
auparavant: des poissons tout bizarres, des fruits aux formes psychédéliques et
des épices en veux-tu en voilà.
Tout cela dans une atmosphère très étrange pleine de méfiance et de
suspicion. Les chinois sont loin d'être accueillants. C'est un fait. Dans les
rues de Chinatown, on n'a pas peur pour sa survie
(on est pas dans le Bronx)
mais il y a un je ne sais quoi dans l'air qui fait que l'on a du mal à se
sentir à l'aise. Les petites mémés qui remplissent leur caddie sont d'un
sérieux assez déroutant et on a pas trop envie de se fritter avec elles.

Guillaume: Vraiment dépaysantes ces rues, pour peu que l'on s'y enfonce
assez pour passer la frontière Little Italy / Chinatown et les avenues qui ne
vendent qu'aux touristes des fausses Gucci. J'aime cette sensation que Vanessa
et moi sommes parmi les seuls blancs à faire du slalom entre les porteurs de
canards et les blanchisseurs qui semblent, pour certains, cacher quelque chose
d'autre à blanchir. Les vitrines des restaurants commencent à être embuées des
cuisines qui s'affairent déjà, en milieu de matinée. Ca aurait du nous couper
l'appétit, mais l'appel du petit déjeuner est bien plus fort que le
nem.
Mais tout cela ne m'empêche pas d'avoir envie de mes pancakes. Au coin d'une rue, une
cafétéria qui ne paie pas de mine mais qui ravira nos estomacs. L'établissement
est tenue par des chinoises et des latinos et c'est toujours assez comiques de
voir ses deux communautés travailler ensemble.



Direction le pont de Brooklyn. A pied bien sûr.
Inutile de vous dire qu'on s'est perdu, qu'on a fait une pause à
un Dunkin'
Donuts pour faire pipi et que j'ai fait une petite danse de la chapka sur un terrain de basket déserté.
G: Il est important de noter que nous avons pris l'habitude de nous
perdre volontairement. Sans rire, lorsque l'on sait que le temps n'est pas
compté, que notre destination est proche (pont de Brooklyn), il est plus
agréable de bifurquer pour mieux découvrir de nouvelles aires. On s'est ainsi
trouvé à marcher entre des immeubles bien glauques, dans un chemin entouré de
grilles, qui donnaient sur le terrain de basket où Mlle nous a fait une petite
danse, qui sera, je le promets, dans la vidéo que je vous prépare.

Malgré les touristes, la traversée du mythique pont de Brooklyn reste l'un des clichés
que j'ai sans doute préféré.Les conditions météorologiques étaient optimales:
du soleil et peu de vent ( parce qu'il faut le dire le côté windy de NYC, des
fois t'en a plein la face ). On prend le temps de flâner, de régler les
appareils photos, et d'admirer la Statue de la
Liberté ( ridiculement petite encore une fois!).
G: Je sors mon reflex pour immortaliser en méga pixels ces structures
impressionnantes: la batterie était restée dans le chargeur. CQFD: "et merde".
Mais Vaness' nous sauve encore une fois la mise, et je sais que ma caméra a
encore de l'autonomie électrique, et que de toute façon elle m'aurait tapé une
crise de jalousie en m'éjectant la carte mémoire SDHC à la figure. Bref
...

Le pont est sur deux niveaux: en dessous pour les voitures, au dessus pour
les piétons et les vélos. Ça permet aux piétons de ne pas se faire écraser
pendant qu'ils prennent leurs photos (Ponte D.Luis à Porto si tu m'entends...)
et d'éviter de respirer les pots d'échappement (pas bêtes les gringos).
Le plus impressionnant ce sont tous ces câblages....

Une fois arrivé à Brooklyn, tout est paisible,
tranquille. Des entrepôts transformées en lofts au design ultra urbain tendance
bobo, des galeries d'art et une promenade le long de l'eau. Tout cela sous
l'omniprésence du pont.

Parfait. Des rues propres, un quartier remodelé avec goût, de la culture et
pourtant... et pourtant il y a quelque chose d'étrange à se balader dans
Dumbo. Il y a là aussi un
petit côté Truman Show. Comme si tout était fait de carton pâte. D'ailleurs
vous ne croiserez que très peu de monde et pour la plupart ce seront des
touristes comme vous.
G.: Je me rappelais du Brooklyn avec des Bloods contre des Crips, des
bagnoles remplis de gangs, de coups de feu dans la rue. Maintenant ce n'est pas
Disney, cela reste authentique, mais c'est juste "secure". Et c'est tant mieux.
Il y a d'autres coins pour se faire des shots d'adrénaline, on verra ça plus
tard dans le Bronx.

La petite découverte, on la doit au Lonely Planet: la salle
de boxe dans laquelle Jake LaMotta
s'entraînait. On pensait se faire refouler et avoir l'air stupide en proposant
un pourboire au vigile à l'entrée.On a toqué. Avec un grand sourire on a
demandé si on pouvait rentrer pour prendre quelques clichés.
- "Where are you from?"
- Paris, France.
Pour réponse, un large sourire et un laisser passer. Des fois c'est aussi
simple que ça.
G.: Par pudeur je n'ai que très peu filmé en ce lieu mythique qu'est le
Gleason Gym, salle de boxe d'où viennent effectivement Muhammad Ali, Jake
LaMotta et Sugar Ray, pour ne citer qu'eux.
Une salle à revoir dans Raging Bull de Martin Scorsese.

Après avoir suivi une promenade conseillée par le guide, on se perd un peu.
Au début ce n'était pas intentionnel mais on va vite comprendre que notre flair
légendaire ne nous fera pas défaut.
G.: Là c'est vrai, on s'est paumé, j'avoue, mais comme on dit ici, y pas
de hasard.

Je repère Cranberry's, une épicerie
avec des cupcakes si
beaux que l'on croirait qu'ils sont juste là pour orner la devanture de
l'épicerie.
G.: Et evidemment pas de WC à l'intérieur. J'ai bu environ 6 cafés small
( = 10 cafés large ici) et je commence à danser tout seul dans la rue. Damn!
D'ailleurs ça tombe mieux, Vaness' hésite, on s'en va sans cupcake... enfin
pour l'instant. Maligne !

On arrive près de la station Brooklyn Bridge et là
commence mon étonnement. Tout est propre, ensoleillé, beau. Court Street,
Montaigne Street, des petites rues où siègent des maisons dignes du Cosby
Show.
On mange dans un bar irlandais où trône au balcon du premier les
marionnettes des p'tits vieux du Muppet's Show.
Encore une fois tout est comme dans les films: Executive Men venant déjeuner
au bar, discussion sur le dernier match.
G.: Terribles ces rues oui, c'est frais, y a du monde. Des étudiants,
des familles, des vieux cinéma bien US. Ca donne faim tant de plénitude: je me
cale un "saucisse/potatoes" qui me donne envie sur la carte, histoire de me
dire que j'ai mangé normalement pour faire passer la Guiness. Je me retrouve
avec 4 saucisses énormes, recouvertes de purée avec une sauce aux oignons. J'ai
hésité à rajouter du ketchup pour faire genre "normal, j'ai commandé ça, ouais,
so what?". Mon estomac a refusé le Heinz. Je mange. Je bois ma bière. Il me
reste un oignon confit dans l'assiette, qui me regarde en ricanant. Je souris
repus à Vanessa: Je remercie le Ciel d'avoir une copine parce qu'avec mon
haleine je pense que je n'aurais rien pu approcher avant quelques heures. On
ressort, je crois que je vais marcher un peu.

Pour la première fois (après être revenue exprès vers la station tout près des
cupcakes) on prend le
métro. Pas si facile de s'y repérer.
G.: Je ramène Vanessa vers les cupcakes. Sur le chemin, un type bourré nous
sort "a latina with a white man, har har har."

Direction American
Museum of Natural History. Évidemment après avoir vu Une nuit au
Musée avec Ben Stiller nous avions envie de nous frotter un peu au T-Rex
du hall du musée.

Bon à savoir - surtout si vous y allez pour le clin d'œil - tous les jours
la dernière heure est gratuite.
Les new-yorkais on ici tout compris au sens du mot "ludique". Les scènes de
la vie courante chez les sioux ou les hommes préhistoriques n'ont rien de
ridicule. Bien sûr tout cela a un petit côté désuet mais rien à voir avec Le
palais de la Découverte à Paris par exemple. C'est un vrai régal...
G.: Oui, même en une heure avant la fermeture, c'est chouette. Les
gamins ont l'air heureux. Et me parle pas du musée de la découverte, où nous
sommes retourné il y a quelques mois, et que c'était super glauque. Pour en
revenir au sujet, ce musée est beau et bien fait, c'est un fait.
