Petit déj' classique non loin de notre hôtel sur Lafayette St. Évidemment pour faire comme d'habitude
on commande des pancakes et du bacon. Le lieu (qui a des faux airs du Double R) propose un
menu sucré salé assez alléchant. On ne se fait pas prier.
Guillaume: Il fait gris et assez froid mais notre corps s'est vite
habitué à ces gros-petits-déjeuners. On se réchauffe en se réveillant doucement
autour du café. J'en profite pour sortir mon guide (ouh la honte, eh,
touriste!) comme il n'y a pas grand monde. De mon sac je sors aussi mon
appareil pour vous montrer ma casquette Bronx Bombers (autre nom des New York
Yankees) achetée quelques jours plus tôt sur Broadway. Vu le temps et ma
fatigue des longues ballades des jours précédents, je propose à ma douce un
petit itinéraire rock n' roll dans le
quartier.

On décide de se promener dans le East
Village pour commencer la matinée. Une promenade plutôt agréable dans ces
rues qui regorgent de bon nombre de boutiques de drag queens, de vendeurs de
disques et autres tatoueurs. Le seul hic c'est qu'à 9H30 ce petit monde est
encore dans les bras de Morphée et les rideaux des boutiques sont donc encore
baissées. Mais ce "petit détail" ne nous empêchera pas de refaire la photo de
l'album Physical Graffiti de Led
Zep'.
G.: La photo ci-dessous n'a rien à voir avec la pochette en question.
C'est plutôt normal, on ne l'avait pas vu avant. Et pour le clip des Rolling
Stones il me manquait des figurants. Bravo l'organisation ! Par contre oui,
nous nous sommes mis à demi nus, on a bu des bières, on a chanté des classiques
indies et on a sniffé de la coke en faisant des bras d'honneur aux passants.
Vanessa s'est rasé la tête et piercé le corps entier, et moi je me suis laissé
poussé les cheveux ce matin là. En fait non, j'ai juste pris la pause et on
s'est barré.

Il était tôt le matin, peu de passants nous accompagnaient et on avait la
singulière impression que les rues étaient "salement" fatiguées par les
beuveries de la veille au soir. Un fumet de bière tiède flottait dans
l'air. Le temps était plutôt gris ce matin là mais cela collait
parfaitement à ce haut lieu du rock. London Calling à NYC.

Pour trancher de façon clair avec le East Village, au détour d'une rue, on
se laisse entraîné par un tourbillon de sucreries. Une boutique de caramels,
bonbons et chocolats qui ressemble véritablement à une caverne d'Ali Baba est
posté là, on se sait pas trop bien comment et pourquoi. Je pense qu'on a
du rester un bon quart d'heure à regarder les mille et une possibilités pour
nos caries et à voir ces gros blacks venir acheter leur sucette au détail. Au
final, trop de choix tue le choix alors on est reparti bredouille: Faut pas
déconner y'avait même pas de Bubblicious.
G.: Ils ont des PEZ géants. Et c'est horrible
comme cliché mais quand j'ai vu les types rentrer, démarche "Me got uzi so
what", je me suis dis qu'on allait rigoler un peu. Mais finalement ça s'est
limité à l'achat hurlé de Jawbreakers et d'autres trucs étranges qui m'auraient
pété les dents en un croc. Je ne sais pas si c'est normal mais comme l'indique
Vaness', on a rien pris, à part quelques images en photo et vidéo. Tiens ça me
fait penser tant que je vous parle de la vidéo... J'ai perdu mes rushes de NYC
sur mon ordinateur, mais comme avant hier, alors que j'allais appuyer sur
"format" de la mémoire de ma caméra, j'ai abandonné cette idée. Du coup, oui,
j'ai -presque- tout récupéré. Et je crois même qu'on y voit ce magasin. Donc
quand cette vidéo sortira, please, regardez-la en boucle et distribuez là à vos
proches, sa diffusion sur le net ne devrait plus tarder...

Tribeca et Soho feront
suite à l'East Village. Promenades et lèche vitrine (et non pas shopping car
les boutiques sont hors de prix) en perspective.
Pour narguer ma sœur chérie on s'aventure dans le fameux Apple Store le temps d'un cliché.

On s'accorde une pause dans un bar irlandais qui fait l'angle jute en face
de l'empire Mac. Lorsqu'on ressort c'est le déluge.
La neige, la pluie, la neige....
G.: Je suis allé "me laver les mains" aux WC de ce bar Irish très chic.
Les murs étaient noirs de tags et graffitis (pas les tags sur le net, des
"vrais"). Évidemment j'avais mon Posca sur moi. Le deuxième de l'année, mais au
moins il y est !

On passe donc l'après-midi, réfugiés dans la chaleur de la chambre
d'hôtel.
Petite ballade sous la pluie pour G. qui ira chercher des vivres au Burger King le plus proche.
G.: Qu'il pleuve, qu'il vente, j'irai chercher pour moi et surtout pour
ma douce des frites, un coca, et un double cheeseburger with bacon, si c'est
chez BK.
Vers 20h00, G. brave le froid pour accomplir des trucs de mecs:
- Prendre une Guiness dans le QG des Soprano
- Se faire masser par une chinoise dans un sous-sol en plein Chinatown.
G.: Après le trip dinatoire cheeseburger au lit devant la TV à regarder les
premiers mots du nouveau directeur de la CIA, je me sens d'attaque pour une
ballade digestive pendant que Mlle s'endort confortablement à côté de moi. La
petite pluie et le son des sirènes seront parfait pour me réveiller les sens,
dehors.
A quelques pas de l'hôtel, je rentre dans le Mulberry Street Bar qui a servi de
lieu de tournage pour le film Donnie Brasco (Johnny Depp) , Contract On Cherry
Street (Sinatra), Men of Honor (Martin Sheen), Out of Darkness (Woody Allen,
Madonna), Godfather III (Brando, Garcia), State of Grace (Sean Penn), Night and
the City (DeNiro) ou encore de pour les Soprano (S04e04, S05e04-06-12-13)
et quelques scènes de Law and Order (episode Kingmaker). Bien évidemment ce
jour là, à part ma caméra dans la poche comme d'hab', il n'y avait pas d'équipe
de tournage ni de parrain qui n'attendait que moi et qui m'aurait sorti avec
une voix grave et enfumée "je savais que tu viendrais mon petit". Je demande à
la serveuse une Guiness'. Le genre de serveuse détestable qui vous demande ce
que vous voulez consommer dix minutes après votre arrivée, le genre qui sert un
verre 10 autres minutes après, et le genre qui laisse la guiness de son côté
près de la pompe à bière sans vous la filer. Au bout de deux minutes à regarder
ma Guiness' à 30cm de moi mais pas devant moi, je me sers comme chez moi même
si j'ai peur qu'elle me flingue la main pour ça. Elle s'excuse, je la regarde
genre "trop tard je t'emmerde avec tes excuses". Elle me prend 7 dollars, tout
me paraît cher et mal servi. Je me casse, après avoir bien sur passé à tabac
deux gorilles qui ne voulaient pas que je visite la salle d'armes à coté des
chiottes, et après avoir sorti d'une cage de lion cachée sous des boites à
pizza une magnifique italienne nymphomane enfermée depuis 2 semaines à qui j'ai
offert ma force et mon courage d'homme. Bref je paye, je sors du bar en
marmonnant "ton bar y pue" mais j'y reviendrai vérifier un jour.
Cela fait maintenant 4 jours que nous marchons comme des robots et que notre
démarche ressemble de plus en plus à celle d'un alien escargot-crabe du texas
(jambes arquées). Il pleut, c'est sombre, il n'y a pas grand monde à part
quelques chinois pressés et de jolies filles qui vont et viennent. J'aperçois
au loin des affichages lumineux en chinois. Ça y est j'ai trouvé ce que je vais
faire, je vais arpenter les sous sol de Chinatown et me trouver une masseuse
pour me dérouiller les jambes et le dos. J'espère rencontrer une vieille
chinoise masseuse qui fait son taff sans chichi, à la manière de celle que
j'aime voir régulièrement rue de la Jonquière à Paris, vers la rue Lantiez,
contrairement aux fausses masseuses de la rue Legendre.
Je descends à même la rue des escaliers trempés vers une de ces portes
étranges. Au bout d'un petit couloir au néon défoncé et clignotant, je tombe
sur un panneau : fermé, voir telle rue tel numéro. En général quand on lit ça
on en profite pour abandonner lâchement, mais cette fois je ne veux qu'une
chose: ne pas me réveiller demain matin avec un corps non fonctionnel. Je
cherche donc ce fameux salon de massage et redescends d'autres escaliers. Une
pancarte sur la porte: Sonnez et entrer. Youpi, comme en France chez le
médecin. Beaucoup de questions me viennent mais j'y vais, je sonne, je rentre
et ...
A peine la porte ouverte je tombe en plein milieu d'un salon d'appartement avec
une vieille chinoise allongée, un être étrange à coté qui doit être son mari,
une jeune fille, une autre femme qui doit être sa maman, et son père, surement.
La porte s'ouvre juste à coté de leur TV, du coup toute la famille vous matte
bien lorsque vous entrez en osant couper le meilleur moment de leur film parce
que vous ne parlez par chinois et que vous n'aviez pas compris en entendant la
TV que la dernière phrase du héros était "Écoute bien, je vais te chuchoter qui
est l'assassin". Bref, tout le monde se lève, sauf les anciens. Le père me sert
la main et me demande de m'installer à côté. Je prends un couloir gris qui
donne sur un petit dortoir aux lits séparés de rideaux en plastique opaque. Je
vais tout au fond. La jeune fille me rejoint, me sourit et me demande le
programme. Je lui montre une affiche et lui demande 50/50 pour 15min de massage
de pied et 15min de massage du corps dont surtout le dos. Elle me sourit de
nouvau, me demande d'enlever mes habits. Elle me regarde et se met à se
déshabiller. Vu la façon de faire, je pensais qu'elle n'avait pas compris mes
attentes très pures. Et puis j'étais crevé, non pas que l'idée de la fille qui
ne parle pas votre langue ne pense qu'à votre plaisir masculin et par gestes
vous fait comprendre qu'elle est prête à tout pour vous. Bon en fait elle s'est
arrêté à son tshirt et a gardé son jean. Ouf ! ou plutôt mince ! Euh enfin bref
je m'allonge et avec une serviette sur ma peau elle commence son job. J'ai
trouvé ça gentillet par rapport à ce que me fait celle à Paris. J'ai vite
changé d'avis lorsqu'elle a commencé à me brusquer le dos avec des dizaines de
coups de poing. Je me suis senti violenté mais en serrant les dents ça passe
très bien. J'imaginais la jeune chinoise déchainée et ça me plaisait assez de
ne pas broncher d'un poil. Même si c'était le genre à coller son bassin contre
votre crâne et vos coudes ou à pencher sa poitrine sur vos mollets, ses coups
de poing ne m'ont pas donner envie de trop continuer. Mais les pieds avaient
eux aussi besoin de tendresse asiatique.
Elle se passe une crème et commence à me triturer les pieds en toutes parts.
Par moment elle me faisait si mal que je me demandais combien de temps j'allais
tenir avant de lui mawashiriser ses joues. J'ai pu rester zen en me mordant
parfois les lèvres. Le réveil oldschool sonne. Elle lève les yeux, me sourit,
me demande si it was good d'un air espiègle, je me rhabille et repasse au
salon. Même histoire, tout le monde se relève, sauf les anciens, et je me
retrouve face à une femme que je n'avais pas vu avant le massage. Elle était
grande, épaisse sans être grosse, baraquée, avec un sourire vicieux. Elle m'a
fait penser à une de ces "boss" de fin de niveau dans les jeux vidéo de combat
arcade comme Shadow Warriors ou Double Dragon. Je la paye 30$, je laisse 5$ de
tip en mentionnant, for the tip. Elle regarde le tip, me regarde, sourit,
regarde de nouveau le tip, là je me sens un pauvre type, elle éclate de rire en
tenant le billet dans la main et en gueulant, the tip! Je prends une clope dans
ma bouche, je me barre sans me retourner en levant la main. Direction le lit à
l'hôtel, je rentre avec une démarche d'animal blessé. Ça y est j'ai pas du tout
envie de rentrer à Paris.